30.3.12

Snapshot


Bois de pas santal mais bien rangé

29.3.12

Snapshot


Je n'aime pas l'association du vert et du bleu, sauf dans la nature

27.3.12

Le Monde d'hier

En ce moment, les pieds en éventail au soleil (enfin plutôt en faisant mes exercices de kiné pour le genou), je lis ça :


Le Monde d'hier, de Stefan Zweig (Ed. Le livre de poche).

Il s'agit des mémoires de cet homme de lettres autrichien, à la fois poète, écrivain, biographe et journaliste, né en 1881 à Vienne et mort en 1942 au Brésil, à l'âge de 60 ans. 

Zweig évoque ici, avec bonheur et tendresse, une époque révolue, celle de sa jeunesse dans l'Europe de 1900, une jeunesse bourgeoise. Il décrit avec la facilité qu'on lui connaît la Vienne d'avant-guerre, où la vie semblait s'écouler avec tant de grâce dans un environnement parfaitement culturel et joliment distingué. Et puis le jeune Zweig a beaucoup voyagé -- plus tard aussi d'ailleurs, il n'aura de cesse de partir à la découverte du monde. J'ai aimé ses "voyages de découverte" d'un pays, à travers une ville le plus souvent. Quel luxe de pouvoir se dire : Hum, comment vit-on à Londres, à Paris ? Et d'y aller librement, d'y séjourner le temps voulu, le temps de sentir l'atmosphère, les moeurs, les habitudes, d'y rencontrer "les grands hommes". Ainsi Zweig aura-t-il fréquenté Paul Verhaeren, Sigmund Freud, Richard Strauss, Georges Bernanos, James Joyce, et tant d'autres. 

En tant que grand témoin d'un monde en mouvement il montre aussi la montée du nationalisme, le bouleversement des idées au lendemain de la Grande Guerre, l'arrivée au pouvoir d'Hitler jusqu'au "suicide de l'Europe". Ces évènements dramatiques ne sensibilisent pas seulement l'écrivain, ils touchent également l'homme. Zweig les retranscrit avec une belle précision de mémoire et une foultitude de détails, tous ces détails qu'on ne trouve pas dans les livres d'histoire mais bien sous la plume émotionnelle d'un individu qui les a vécu.  

Je crois que l'on est encore plus émus par Le Monde d'hier quand on sait que l'auteur l'a rédigé alors qu'il avait déjà entrepris le dessein de se suicider, ne supportant plus l'écroulement de l'Europe.

23.3.12

Rouge Secret

Ou plutôt, Secret Rouge, de Petite Mendigote. Je les aies ! Sur le fil du rasoir. Sont pas trop jolies ? Un brin originales, tout bien, avec le petit centimètre de talon nécessaire vu que ce n'est pas demain la veille que je vais reporter des talons (à cause du genou, pour ceux qui suivent ;) Laisse tomber la neige, je les a-dore. Si elles ne me vont pas, je vais être très, très déçue. Mais elles m'iront ! Je le sens. Aaah, ça fait du bien de se faire un petit plaisir coupable en ces temps de mobilité forcée.

22.3.12

Simone

Faut-il toujours avoir un sujet de post pour, si ce n'est étonner, du moins intéresser le potentiel lecteur ?


Aujourd'hui rien n'a été meilleur qu'un cataplasme fait d'un mélange d'argile et d'huile essentielle de menthe sur mon genou traumatisé.

Puis, le moment où le soleil a daigné s'approprier le ciel et les toits aux tuiles rouges, rebondissant sur la moindre trace de végétation -- et ici, dans les Alpes, la végétation abonde. Il a chauffé le front et rosit les joues.

Sous ce même soleil tardif, le moment où j'ai terminé l'autobiographie de Simone Veil (Une vie, Ed. Le livre de poche). Je n'ai pas oublié l'avoir croisée à Paris. Nous étions sur le même trottoir. Elle arrivait. Je me souviens de son visage : finement ridé, toujours belle malgré le poids des ans et les coups de massue assénés par la vie (à 16 ans, elle fut déportée à Auschwitz avec une partie de sa famille, personne ne l'ignore). Je lui souris ; un sourire franc qui venait du fond du coeur. Avec ce sourire je lui disais mon respect, ma joie de cette rencontre fortuite, et aussi merci. Merci madame Simone Veil pour vos combats en faveur des femmes, merci pour leurs libertés, merci pour la loi contre l'avortement. Elle me répondit d'un sourire merveilleux et d'un petit hochement de tête en guise de salut. Dans son sourire à elle, un sourire doux, j'ai lu la compréhension de mon sourire. Et dans ses yeux clairs, pétillants d'intelligence et de vie, une complicité de femmes. Cette rencontre est à ce jour l'une des plus belles de ma vie.


On ne sait jamais où un post peut nous mener, n'est-ce pas ?

14.3.12

Humain après tout

Humanoid, j'adore cette foutue marque de fringues néerlandaise, c'est simple je veux tout.

Un jour quelqu'un m'a dit : "C'est minimaliste chez toi", cette personne ne sachant pas qu'elle énonçait-là un compliment, ne pouvant vivre elle-même sans un gros fouillis rassurant et dénué de charme. Oui, je recherche la simplicité et la qualité autant que faire se peut, c'est-à-dire selon mes goûts et mes moyens et, entre nous, chez moi ce n'est pas non plus l'intérieur de Kenzo Takada, bien que j'en rêve.

Bref.

Humanoid donc. Je ne sais plus comment j'ai atterri sur leur site. J'ai tout de suite flashé, genre voilà, je n'ai plus à chercher, j'ai atteint le Graal de ma quête de la fringue rêvée dans le tissu rêvé aux teintes rêvées... J'y ai retrouvé mon goût du simple allié au beau. Juste un gros hic : les prix, comme souvent dans ce cas. Mmmh, un legging à 83 euros, est-ce bien raisonnable ? Rhaaa, il est parfait ! Quand même, c'est bien au-dessus de ce que je m'autorise habituellement... Le pire, me connaissant : je pourrais tout à fait être assez folle pour craquer.

Folle ok ça passe, mais stupide, ça non merci.
Je m'en vais faire un tour sur le net ; y'a forcément des promos Humanoid qui traînent.

Allez, ciao. J'ai à faire.

11.3.12

Jésus

Absolument ravie de retrouver mes montagnes chéries demain. Etourdissement.
Du vert, du soleil, des amis et Petit Neveu : le bonheur pour un genou en convalescence.

Un jour, je finirais dans les alpages avec le berger, le troupeau, là où tout a commencé, pourvu qu'il y ait une connexion ADSL.

Je tricoterais des gilets en laine de mouton que les frileux du monde entier s'arracheront (il est donc temps que je m'y mette, au tricot). Et encore, je ne parle pas des fromages de brebis que le berger, mon mari buriné aux mains solides, fabriquera selon la quantité de lait disponible. Un délice "que ce serait Dieu lui-même qui les aurait faits, ils n'en seraient pas meilleurs", dirait-il.

Notre enfant naîtra dans la paille après que j'eus souffert mille douleurs mais fièrement comme une bonne paysanne.

On l'appellera Jésus, même si c'est une fille.


Ok, time to sleep.
Rideau.
'Night °

10.3.12

Du tricot ?

J'ai vraiment bien choisi mon pseudo sur ce blog... Même mes béquilles sont mauves, ahaha. Je n'y suis pour rien, elles m'ont été données d'office par la pharmacienne.

C'est marrant... Quand on désire avec force quelque chose, mais que ce désir se place au second plan quelque part dans notre tête (dans le subconscient ? l'inconscient ? je ne sais plus), il finit par se concrétiser. Je l'ai observé plusieurs fois déjà au cours de ma vie. Ce "phénomène" vient de se manifester de nouveau, récemment. Après un an sans vacances avec un boulot allant à l'encontre de mon biorythme (comprendre par-là avec un lever avant l'aube), épuisée par le manque de sommeil et tout le reste, je ne souhaitais qu'une chose depuis plusieurs semaines : des vacances. Du temps pour se reposer. Décrocher.

Bon, bah voilà, je l'ai, ce temps. 

Je l'ai, depuis que le LCA gauche est rompu.

J'ai désormais tout mon temps pour dormir et paresser, vu que depuis deux semaines ma seule activité intellectuelle et physique s'est réduite à négocier au mieux le trajet lit-canapé-salle de bains (en faisant un crochet par la cuisine) sans trop morfler.

Il est temps d'aborder une activité inédite. Et pourquoi pas le tricot ? Wow, à 02h17 l'idée me semble lumineuse !

Ok, on verra ce qu'il en restera demain. Mine de rien, j'ai... so.... mmeil..........
Ce sera tout pour aujourd'hui.

Night night.

8.3.12

Vivre dans un film de Jane Campion

Par une après-midi crépitante de pluie sur les carreaux je regardais Bright Star de Jane Campion, et tout me ravit.

La lenteur. Les jardins anglais. Le romantisme éperdu : les mains des amants se caressant l'une et l'autre, légèrement, s'entremêlant, la poésie où une simple idée est énoncée avec des arabesques fleuries, où dix, vingt mots précisément choisis prennent la place d'un.

Les tissus. Quel soin apporté aux tissus, quelle délicatesse dans la transparence raffinée d'un voile de lin ! Je veux saluer le travail des costumiers et des décorateurs. On ressent la recherche du beau, de l'harmonieux, du subtil. C'est très réussi, que ce soit dans l'étoffe brute des robes de l'héroïne comme dans le bois patiné du manoir, le crépitement d'une bougie ou le son un peu rugueux de la caresse sur les pages d'un livre.

Dès les premières minutes, j'ai su que je voulais vivre dans ce film de Jane Campion.

Mais, je n'aurais pas été la muse. J'aurais été moi-même le poète inspiré par l'objet de son amour, publiant un recueil écrit avec des larmes de sang, enfouissant mon visage dans l'oreiller en plumes ou m'enfonçant dans les herbes folles du verger ; assise contre un tronc d'arbre croquant une pomme ou dans un fauteuil club près de la cheminée, un chat endormi sur les genoux, le front soucieux dans la recherche du mot juste, la plume à la main grattant le papier épais : crr-crr-crr, crr-crr-crr.

Je me serais noyée dans des tourments fabuleux, car je n'aurais su concevoir l'amour autrement que comme impossible, malheureux et intense.

J'aurais gravé le nom de mon amour sur le coeur comme Ugolin avait cousu le ruban.

J'aurais aimé follement, passionnément, douloureusement. Comme dans la vie, finalement.

4.3.12

La claque

Cela fait maintenant douze jours que mon genou gauche n'est plus tout à fait ce qu'il était, le ligament croisé antérieur ayant été rompu suite à un accident de vélo (dû à un tiers, salaud !) dans Paris la belle. Hier, j'apprenais qu'une opération allait sans doute être nécessaire, réduisant à néant tous mes chouettes projets pour les trois mois à venir.

C'est fortement démoralisée que je me rendais ensuite chez des amis d'amis, honorant malgré tout leur invitation à dîner. Je ne les connaissais pas. Le père, jeune, affable et joyeux, venait de retrouver son fils de quatorze ans et sa fille de neuf ans pour les vacances scolaires. Si l'adolescent était affublé d'un QI supérieur à la norme, la petite, au contraire, présentait des troubles du comportement liés à une sombre malformation congénitale. Son cerveau avait la maturité d'un enfant de deux ans. Elle était victime de spasmes récurrents dont la fréquence l'obligeait à porter un casque en permanence, par sécurité. Nous avons d'ailleurs été témoins de l'un de ces spasmes. C'est chose éprouvante que de voir cette pauvre petite subitement tétanisée, tête la première sur la table du salon, faisant voler au passage le bol de cacahouètes, les membres révulsés durant quelques longues secondes. Je pensais à une scène de L'Exorcisme d'Emily Rose.

Comme si cela n'était pas suffisant, j'apprenais au fil de la soirée que le père était en rémission d'une troisième récidive d'un cancer des testicules.

Mais malgré ces bâtons dans les roues de leur vie ces gens-là avaient décidé de faire face sans se victimiser. Sans s'apitoyer sur leur sort. En se battant du mieux qu'ils pouvaient. Ca fait cliché ? Sur le papier, oui, peut-être. Pas lorsqu'on les rencontre.

Le dîner avançant, je relativisais définitivement mon sort.

Je vais souvent penser à eux, c'est sûr.